A propos de la chronique de Camille De Rijck

Par Camille De Rijck | mar 10 Mai 2011 | Imprimer
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Cher Camille,
Je suis très inquiet. Voilà plus d’un mois que vous n’avez publié aucune chronique. Et je suis en manque. Je fais de la recherche sur Alzheimer à NY. Une partie non négligeable de mon temps est passée à débiter en tranches le cerveau de souris amnésiques. Cette activité ne m’est supportable qu’avec Forum Opéra sur les oreilles. Sans votre chronique, je suis comme Barbe-Bleue sans ses portes, ou M qui n’arriverait plus à siffler. Je perds le cœur à l’ouvrage, les cerveaux s’accumulent, les souris finissent par se rappeler. Le désert culturel new-yorkais dessèche. Une irrigation bimensuelle suffisait juste à maintenir un soupçon d’amour de la beauté en moi. Depuis début avril, je ne suis plus rien. Même mes souris me délaissent… Faut-il lire votre absence comme un indice que votre brillante plume s'attelle à un livre? Je n'ose le croire.
Jean-Pierre R. (New York)



La réponse de notre médiateur
Cher lecteur,
Aux dernières nouvelles, le comte de Rijck, atteint par les symptomes certains d'un début de dementia tremens caractérisés par le refus systématique de sa mémoire de se rappeler les paroles de "I will Survive" a karaoké du Can-Can, volait vers Miami où, disait-il, un sien ami neurologue au Marylin Horne Memorial Hospital venait de trouver un remède à sa pathologie naissante. Depuis, nous sommes sans nouvelles et cependant le vol a bien atterri a destination. Mais Monsieur de Rijck semble n'avoir pas fait le check-in à l'Impetigo Hotel où lui était réservée la suite de Ronald Reagan. Il est probable, comme tout dément médical, qu'il cherche les lieux de son enfance. C'est pourquoi nous vous joignons un portrait-robot (Monsieur de Rijck est un homme d'un vingtaine d'années aux boucles blondes et à la peau mate) à diffuser dans tous les dépôts de mayonnaise que vous connaissez. Comme il nous tient à coeur de répondre à vos interrogations, nous vous spécifions cependant que Monsieur de Rijck ne travaille actuellement à aucun livre en particulier, mais supervise d'arrache-pied l'Encyclopédie des contre-ténors, avortons et autres phénomènes tératologiques réalisée par Monsieur Schroudère de Liège, et qui recevra une préface de Monseigneur Gaillot. Si toutefois vous trouviez un remède à la pathologie du comte de Rijck, n'hésitez pas à nous envoyer le sérum, que nous innoculerons aux lapins dont il partage l'existence, la pitance et, trop souvent, la couche, créant ainsi un risque de contamination nationale qu'il importe de contenir. La semaine prochaine, nous confierons la chronique que vous aimez tant à Jean-Philippe Thiellay, de sorte que vous ne perdrez pas au change.
Bien à vous,
Sylvain Fort, médiateur