Où s’entendent la guitare des soirées entre amis et le piano des salons...

Une soirée chez Berlioz

Par Jean-Pierre Rousseau | lun 06 Juillet 2020 | Imprimer

D’abord un concept qui tient la route : reproduire une soirée chez Berlioz, « un assemblage qu’il aurait sans doute goûté, une proposition musicale si joliment imaginée qu’elle n’en a rien d’imaginaire… où se retrouvent Thomas Moore (l’évocation d’Harriet) et Florian (Estelle, le premier et dernier amour de sa vie), ou encore Victor Hugo (et cette Captive issue des Orientales que tous ses compagnons pensionnaires de la Villa Médicis fredonnaient en 1832), où se côtoient Martini (et ce Plaisir d’amour orchestré en 1859), des aubades pianistiques de Liszt et d’abord Berlioz, amical et modeste, immédiatement accessible, où s’entendent la guitare des soirées entre amis et le piano des salons », comme l’écrit Bruno Messina, notre « Monsieur Berlioz » ,dans un livret richement documenté.

Ensuite – et surtout – des interprètes inattaquables. On loue sans réserve ce que Stéphanie d’Oustrac nous donne à entendre. D’une romance, d’une mélodie qui pourrait confiner à la mièvrerie, la mezzosoprano française fait une scène d’opéra, un mini-drame ou une tendre confession. La perfection de la diction, de la narration épouse les moindres inflexions de textes qui ne sont pas toujours des sommets de poésie. Qu’importe ! On vibre, on s’émeut, on sourit…

Mais l’intérêt de ce disque ne tient pas seulement à l’originalité de son programme – à côté de Berlioz, Liszt, Devienne ou Dalayrac, des raretés signées Lélu, Meissonnier, Della Maria ou Zani de Ferranti !

Stéphanie d’Oustrac n’est pas la seule à le défendre ardemment, ses partenaires sont d’autant plus remarqués qu’ils jouent sur les instruments… de l’époque : Thibaut Roussel joue la propre guitare d’Hector Berlioz, un instrument conçu par Jean-Nicolas Grobert en 1830, qui avait d’abord appartenu à Paganini, aujourd’hui conservé au Musée de la Musique de Paris, tout comme le piano Pleyel de 1842 que touche Tanguy de Williencourt. Lionel Renoux, au cor naturel, Bruno Philippe, au violoncelle, et Caroline Lieby sur une harpe Blaicher complètent la belle équipe de cette soirée captée à la Cité de la Musique/Philharmonie de Paris il y a tout juste un an.

 

 

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