Bowman en quête de spiritualité

Cantates BWV 179, 54 et 169

Par David Fournier | sam 10 Janvier 2009 | Imprimer
Johann Sebastian Bach
(1685-1750)
Cantatas
 
  
« Vergnügnte Ruh’, beliebte Seelenlust » BWV 170
« Widerstehe doch der Sünde » BWV 54
« Gott soll allein mein Herze haben » BWV 169*
 
James Bowman (conter-ténor)
*avec Gillian Fisher (soprano), John Mark Ainsley (ténor), Charles Pott (basse)
 
The King’s Consort, dir. Robert King
 
Hyperion – Helios – CDH 55312 – enregistré en 1988 – durée : 59’03 (DDD)
 

En recevant ce disque, réédition d’un enregistrement vieux de quelque vingt ans maintenant, on craignait de se voir ramené à une époque (heureusement) révolue. Les lectures récentes (pour n’en citer que quelques-unes, marquantes : Philippe Herreweghe, avec Andreas Scholl, en 1998 chez Harmonia Mundi – la référence ? –, Ton Koopman, avec Andreas Scholl encore, chez Challenge, ou Masaaki Suzuki chez BIS – en attendant Petra Müllejans à la tête du Freiburger Barokorchester, avec Bernarda Fink – Harmonia Mundi, à paraître sous peu) nous ont en effet habitués à certains timbres (dans l’instrumentarium surtout, mais pour les voix aussi), à certains équilibres, qui font de nombre d’enregistrements des années 70 et 80 des documents d’une archéologie musicologique à la recherche d’elle-même…
  
Or, il faut reconnaître que ce disque surprend d’emblée par la qualité de l’atmosphère qui s’en dégage, avec un King’s Consort impliqué, loin des pâleurs blanchâtres que nos amis d’outre-Manche affectionnent souvent. L’essentiel de la spiritualité qui se dégage de ce disque provient de leur incroyable élégance faite de précision, de légèreté et de lisibilité. James Bowman, dont on connaît les qualités (précision des vocalises, qualité des sons filés, richesse du timbre), n’est malheureusement pas ici stylistiquement à son mieux. Le phrasé est un rien ampoulé, quelques effets sentent davantage la scène que l’église. Certes, le timbre est beau, mais comment ne pas s’étonner de certains sons parfois soudainement engorgés, ces passages où parfois la voix semble s’assourdir sinon s’étrangler ?
 
Le livret d’accompagnement est très bien fait : notices trilingues sur les œuvres (allemand, anglais et français), textes chantés et leur traduction anglaise… Seule interrogation : pourquoi ne mentionner ni sur la pochette, ni en quatrième de couverture, la présence de John Mark Ainsley, Charles Pott ou encore Gillian Fisher, artistes considérables qui se joignent à James Bowman pour le finale « Du süsses Liebe » de la BWV 169 ? Simple oubli ?
      
David Fournier.

 

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