A déguster au coin du feu avec un bon whisky.

The pulse of an irishman

Par Jean-Philippe Thiellay | dim 08 Février 2009 | Imprimer
 
  
Ce disque est passé un peu inaperçu dans l’automne 2008 et l’oubli est coupable : il s’agit d’une révélation et d’un compagnon idéal pour les longues après-midi d’hiver passées au coin du feu, avec un bon Lagavulin.
 
On connaissait quelques cycles de mélodies irlandaises et en particulier le court mais sublime cycle « Irlande » de Berlioz magnifiquement enregistré par Thomas Hampson pour EMI, mais aussi par Dame Janet Baker dans une curieuse version pour orchestre ou encore par Robert Tear pour Decca en 1968.
 
Ici, vingt-six mélodies de Beethoven, Haydn et Pleyel, déjà enregistrées pour partie par d’autres, Fisher-Dieskau compris, mais jamais avec de tels rapprochements, sont proposées par l’éditeur belge Cypres. Ces œuvres s’inscrivent dans la même philosophie que celles de Berlioz, évidemment plus romantiques : très peu de couleur locale mais des mélodies toute simples, parfois empreintes d’une douce nostalgie propre aux îles sans doute (« The Bonny bucket lassie » de Haydn), et aussi des rythmes enlevés (dès le « Pulse of an Irishman » de Beethoven qui ouvre le programme). Le rapprochement des trois compositeurs est pertinent car par-delà les différences de génération (Haydn est né 25 ans avant Pleyel et 40 avant Beethoven), les mélodies révèlent un cousinage très net que les interprètes accentuent sans doute volontairement. Il y a une unité de couleur, d’atmosphère qui rend passionnante l’heure et quart passée en leur compagnie.
 
Le baryton autrichien Wolfgang Holzmair, spécialiste du Lied qu’il enseigne d’ailleurs à Salzbourg (il a notamment enregistré Die schöne Müllerin, des mélodies de Schumann et Beethoven), est convaincant de bout en bout. Sa voix n’est, à vrai dire, pas des plus belles. Mais sa souplesse, sa faculté d’alléger l’émission, notamment dans l’aigu, sont parfaites pour ce répertoire. Il forme un magnifique duo avec les Wanderer, dont on apprécie particulièrement la délicatesse de Vincent Coq au piano, le violoncelle presqu’humain de Vincent Pidoux et le violon de Jean-Marc Phillips-Varjabédian.
 
Enfin, et c’est important de le souligner à l’heure du téléchargement ou de la multiplication des versions économiques, ce « Pulse of an irishman » est aussi un bel objet. La présentation est raffinée et le livret d’accompagnement s’appuie sur un texte de Sylvain Fort. Élégant, stylé et informé. Comme d’habitude. Coup de chapeau et de cœur, donc.
  
 
Jean-Philippe Thiellay

 

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