Parsifal à Bayreuth : on avait tort de s'inquiéter

Par Roselyne Bachelot-Narquin | mer 27 Juillet 2016 | Imprimer

Que ceux qui ont leurs Karten pour les prochaines représentations du nouveau Parsifal à Bayreuth soient rassurés. La Colline sacrée était un nid de rumeurs : dissensions qui avaient amené le départ du chef Andris Nelsons, défections dans le casting, doutes sur les capacités vocales de Klaus Florian Vogt à assumer le rôle titre, pire, on susurrait que la mise en scène de Uwe Eric Laufenberg relèguerait les scandales du Festspielhaus au rang d’aimables bluettes.

Pas de panique : en ces jours où des fanatiques égorgent un prêtre dans une église, la mise en scène de Laufenberg résonne puissamment en mettant l’exigence kantienne de la raison et de l’éthique au-dessus du communautarisme religieux tout en permettant un déploiement cohérent des acteurs-chanteurs. Le chef d’orchestre Harmut Haenchen, vieux routier wagnérien, tient la fosse avec une rigueur qui glorifie l’opulence hypnotique de la partition. Quant aux chœurs, ils sont, comme d’habitude, superlatifs.

La distribution n’est pas en reste et frappe par son homogénéité et sa qualité. Les détracteurs de Klaus Florian Vogt avaient tort : il campe un Parsifal sensible, modeste à la ligne de chant parfaitement tenue. Il est bien entouré  par  Georg Zeppenfeld qui fait le triomphe de la soirée dans un Gurnemanz intériorisé à la résilience sans faille et l’américain Ryan Mc Kinny, impeccable Amfortas.

Les deux bémols – il en faut – sont attribués à Gerd Grochowski dont l’absence de charisme scénique et vocal  a bien du mal à nous faire croire que Klingsor est l’émanation du mal. Elena Pankratova, elle, a le charisme et la sensualité de Kundry mais elle se laisse emporter par la stridence dans les passages plus élégiaques de son rôle.

Mais foin d’égratignures, quelle soirée, mes amis, ce Parsifal est à sa place dans la légende ! Compte rendu détaillé à venir début août.

 

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