Opera Fuoco, après la France, l’Amérique

Par Christophe Rizoud | lun 29 Avril 2013 | Imprimer

Après la mélodie française (voir brève du 22 octobre dernier), l’Atelier lyrique d’Opera Fuoco abordait vendredi dernier, 26 avril, au Mona Bismark American Center for art & culture à Paris, la mélodie américaine à travers trois compositeurs : Samuel Barber, Aaron Copland et Irving Berlin, en présence de la petite-fille de ce dernier. Trois styles différents mais une même école et surtout une même langue, l’américain (et non l’anglais) dont David Stern, en préambule, a rappelé la force et l’énergie des consonnes, utilisant pour illustrer son propos le désormais fameux « Yes, we can ». En un peu moins d’une heure et demie et seize mélodies, cinq jeunes chanteurs ont mis à profit les leçons données auparavant en masterclasse par le pianiste Jeff Cohen, chacun à leur manière et avec leurs propres atouts. Les passer en revue relève de l’arbitraire tant l’impression laissée par leur chant dépend des partitions abordées. Sans porter un jugement de valeur, il y a davantage à exprimer dans le lyrisme inquiet de Samuel Barber que dans la candeur d’Irving Berlin, dont l’inspiration se nourrit d’abord de rythme et de mélodie. L’espièglerie de la comptine d’Aaron Copland « I Bought Me A Cat », où la voix s’amuse à imiter le cri des animaux de la ferme, va comme un gant au soprano pétillant de Julie Fioretti. Avec « Rain has Fallen » de Samuel Barber, Eleonora de la Pena laisse libre cours à une ardeur naturelle qu’au piano, Satoshi Kubo, choisit au contraire de modérer. Extrait du même cycle, (Three Songs, op. 10), « I Hear an Army », avec son allure martiale, convient mieux au baryton volontaire de Tiago Matos que l’andante délicat de « Sleep now ». Formé à l’Opéra d’Israël, dont David Stern est le directeur musical, Gitai Fisher sait rendre félin le déhanchement de « Solitary hotel » que Samuel Barber composa à la fin des années 60 (Despite and Still, op. 41). Plus réservé, Charlie Guillemin montre son meilleur profil lorsqu’il entonne en duo avec Julie Fioretti le contrepoint entraînant de la « simple melody » d’Irving Berlin. Mélodie pas si simple que cela, rappelle David Stern, puisqu'elle demande  à être interprétée avec un naturel – une simplicité – qui, dans le chant, est peut-être ce qu’il y a de plus difficile à trouver. [Christophe Rizoud]

 

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