Royal Opera House - Londres

Par Yannick Boussaert | jeu 15 Janvier 2015 | Imprimer

Refondée en 1946, le Royal Opera House, première institution lyrique du Royaume-Uni, aussi appelée Covent Garden de par sa localisation, rayonne parmi les plus grandes maisons d’opéra du monde. Grands noms du chant, belles baguettes et depuis l’arrivée de Kasper Holten à sa tête, metteurs en scène de la  nouvelle génération…  Tous se donnent rendez-vous dans ce théâtre, idéal pour les voix, où le populaire croise l’aristocrate.

Adresse : Bow Street, London WC2E 9DD, Royaume-Uni

Institution lyrique hébergée : Royal Opera House

Site Web : www.roh.org.uk

Année de construction : 1856-1857 après la destruction du batiment précédent par un incendie.

Architecte : E.M. Barry

Style architectural : Néo-classique

Répertoire de prédilection : Grand répertoire d’opéra reprenant les compositeurs et œuvres les plus représentés et quelques raretés ou créations chaque saison.
En 2015 par exemple, reprise d’Anna Nicole de Turnage et nouvelle production de Kròl Roger de Szymanowski  ou du Guillaume Tell de Rossini dans sa version française. Toutefois le Royal Opera House collabore avec d’autres scènes londoniennes, notamment pour représenter le répertoire baroque. C’est le cas cette année au théatre de la Roundhouse dans le nord londonien qui accueille une nouvelle production de l'Orfeo de Monterverdi. L'an passé, c'est l’Orfindo de Cavalli, une des productions les plus encensées par la presse outre-manche ces dernières années, qui était donné au théâtre du Globe.

Education : Le Royal Opera House propose divers programmes éducationnels à destinations des jeunes, des écoles et de leurs enseignants et s’engage localement dans les territoires en Angleterre. « L'excellence artistique exige que notre travail se fasse le miroir du monde qui nous entoure, qu'il soit connecté et résonne avec nos publics variés. C'est de cette manière qu'il peut renouveler et revigorer notre art » déclare Jillian Barker, la directrice du Learning and Participation programme. Derrière cette énumération et cette déclaration un peu convenue se cache un vrai succès et engouement pour ces programmes : plus de 47 000 participants en 2012/2013 selon les chiffres communiqués par le ROH. A titre d’exemple, une représentation de Carmen vendue à tarifs maitrisés (20 livres la place au maximum) a été réservée aux familles n’étant jamais allées à l’opéra de leur vie. A cela s’ajoute la politique de diffusion en live dans les cinémas ou espace public aux beaux jours qui accroit encore l’audience de Covent Garden.

Histoire : L’actuel bâtiment est le troisième à se dresser à cet emplacement dans le quartier de Covent Garden, devenu par extension un autre vocable pour désigner l’opéra. Les deux précédents édifices ont tous les deux été la proie des flammes en 1808 et 1856. Pendant la seconde guerre mondiale, le bâtiment devient un Music Hall jusqu’au rachat du bail par des éditeurs de musique, Boosey and Hawkes qui confie les rênes à David Webster en 1946. Commence alors une période de développement de la troupe et de l’orchestre et l’invitation de chefs préstigieux  (Giulini, Serafin, Kempe, Kubelik...) et de grands noms du chant (Callas, Sutherland, Vinay, Siepi, Vickers...) qui conduiront le Royal Opera House parmi les meilleures institutions lyriques du monde. 

Premier opéra représenté : Il Pastor Fido de Handel en 1734

Créations marquantes (depuis la réouverture) :
•    Première mondiale de Billy Budd (Britten) en 1951
•    Première mondiale de Gloriana (Britten) en 1951. Commande du ROH
•    Première mondiale de The Midsummer Marriage (Tippett) en 1955
•    Première mondiale de The Knot Garden (Tippett) en 1970. Commande du ROH.
•    Première mondiale de Gawain (Birtwistle) en 1991. Commande du ROH.
•    Première mondiale de The Tempest (Adès) en 2004. Commande du ROH.
•    Première mondiale de The Minotaur (Birtwistle) en 2008. Commande du ROH.
•    Première mondiale de Anna Nicole (Turnage) en 2011. Commande du ROH.
•    Première retransmission sur écran géant sur la place de Covent Garden en 1987. Placido Domingo chantait Rodolfo dans La Bohème.

Meilleures places : Tout dépend de la bourse de chacun. La visibilité est  bonne pour la plupart des places situées de face et de ¾. Les côtés demanderont plutôt des premiers rangs. L’auteur de ces lignes recommande chaudement l’amphithéâtre en face ou en ¾ même jusque dans les derniers rangs. Les places y coutent entre 15 et 100 euros selon la section et le taux de change. Excellent rapport qualité prix. Attention le public local vous fera des remontrances si vous vous penchez.

Acoustique : Elle est remarquable dans cet auditorium, notamment pour les voix très rarement couvertes même dans les grands opéras à orchestre pléthorique. Pourtant la fosse n’est pas couverte. Cela fait partie de la magie de cette salle. Allez y entendre votre chanteur ou chanteuse préférée, vous ne serez pas déçus du voyage.

Tarifs : De 9 à 200 livres ce qui correspond à 15 et 240 euros.

Anecdote : Le 17 février 1959, le public du Royal Opera House acclame pendant 19 minutes la soprano qui chante Lucia di Lammermoor. Il s'agit de la jeune Joan Sutherland, qui accède ce soir-là au statut de star internationnale, dans la nouvelle mise-en-scène pensée par Franco Zeffirelli et sous la direction de Tulio Serafin. Maria Callas est présente à cette Lucia et applaudit celle qui 7 sept ans auparavant lui donnait la réplique dans le petit rôle de Clotilde (Norma). La Divina s'apprête à graver sa deuxième Lucia et les signes du déclin vocal émaillent l'interprétation. C'est donc un peu symboliquement que le flambeau passe ainsi entre les deux plus grandes interprètes du Bel Canto de l'après-guerre en ce début d'année 1959. Dès l'année suivante, Sutherland prendra le titre de Stupenda. 

Vestiaire : Accessible immédiatement depuis l’entrée sur Bow Street, il est globalement efficace et bien organisé. Aucun problème pour laisser un bagage de taille moyenne si vous devez prendre le dernier Eurostar, juste après le spectacle.

Toilettes : Repérez- les avant l'entracte. Il y en a à plusieurs niveaux, et il y a suffisamment de cabines pour que l’attente soit raisonnable.

A l'entracte : Covent Garden vous le proposera dès la réservation de vos places sur internet, vous pouvez commander à manger et à boire dans les différents restaurants ou bars du théâtre. Si vous êtes en weekend romantique, on conseillera le Paul Hamlyn Hall Balconies Restaurant, dans la magnifique verrière 1900, certes un peu bruyante. Si vous êtes à l’amphithéâtre, sortez avec votre verre sur le côté en face des escalators de l'amphithéâtre via la porte-tournante pour profiter de la vue et de l’ambiance qui règne sur la place du marché de Covent Garden.

Le bémol : Le système de réservation est pratique avec un choix à la place, au clic par section. Mais il rencontre de fréquents problèmes de surcharge le jour des ouvertures de réservation. Attention à la crise de nerf, au panier qui se vide et au weekend qui tombe à l’eau. Le ROH a mis en place différents systèmes de mécénat à destination du public avec des avantages liés. Ainsi les « Friends » pourront-ils réserver avant le commun des mortels. A priori il existe des quotas réservés pour chacune des catégories, mais si vous voulez les meilleures places il vous faudra, vous aussi, devenir un « friend » en déboursant une centaine d’euro (déficalisable au motif de soutien à une institution culturelle européenne). Votre soutien est valable un an date à date et vous permettra de profiter de quatre ouvertures de réservation.

Le dièse : L’acoustique de la salle, le confort du lieu et l’amabilité toute britannique du personnel.

Accessibilité : 19 places pour des fauteuils roulants sont proposés pour chaque soir de représentation. Les services (entrée du batiments, vestiaires) sont accessibles aux personnes à mobilités réduites et des ascenseurs permettent de se rendre aux différents niveaux de l’auditorium.

Accès : La ville de Londres a mis en place un péage urbain et le cout de l’immobilier renchérit fortement le stationnement. Le Royal Opera House peut tamponner votre ticket de parking de la société Q-Park pour vous obtenir 50% de réduction. En métro c’est la station Covent Garden qui est la plus proche mais aussi la plus bondée notamment le soir en weekend. Elle est aussi très profonde et en cas d’affluence il faudra attendre de longues minutes l’ascenseur ou opter pour les quelques 200 marches de la station. Holborn ou Leceister Square situées avant et après sur la Piccadilly Line ne sont qu’à quelques minutes supplémentaires de marche.

Boutique : Le ROH dispose d’une boutique située à côté des portes tournantes donnant sur Covent Garden Plaza. On y trouve DVD, livres et programmes entre autres articles et goodies liés à l’opéra et au ballet. Elle est ouverte du lundi au samedi.  Les soirs de représentation, une boutique éphémère s’ouvre devant les escalators qui conduisent à l’amphithéâtre.

Où dîner a proximité ? Chacun pourra se référer aux sites spécialisés dans le classement des restaurants. Votre serviteur aime quand à lui,  « Notes » 50 mètres au sud de l’entrée de Covent Garden au 36 Wellington Street où l’on mange sur le pouce en accompagnant le tout d’un vin fort correct. Les pubs en face de la façade du bâtiment sont parfois le repère des artistes les soirs de dernières. Enfin, les quartiers autour de l’opéra offrent tout ce qu’une ville-monde comme Londres peut proposer et ce pour toutes les bourses (Chinatown, Soho…).

Où dormir à proximité ? L’hôtellerie londonienne a la réputation d’être chère et pas forcément d’un rapport-qualité prix conséquent. Vous souhaitez perfectionner votre anglais ? On vous conseille chez l’habitant toujours affable (AirBnb et autres sites). Si vous souhaitez aller à l’hôtel, une chaine internationale établie à King’s Cross présentera une triple garantie : qualité standardisée, proximité de l’opéra et du train pour rentrer en France. Sinon, la Piccadilly Line vous conduira à Heathrow en 1 heure de temps.

 

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