5 questions à Stéphane Degout

Par Hélène Mante | jeu 16 Avril 2009 | Imprimer
Nous avons rencontré le beau gosse des planches françaises et lui avons demandé de nous parler de son premier Pelléas, de son parcours atypique et de ses projets discographiques. Rencontre avec "Stéphanou belles mirettes" comme on l'appelle sur les quais du Rhône.
Votre premier Pelléas à La Monnaie semble avoir été un franc succès, pourtant on ne vous attendait pas - à priori - dans une tessiture aussi extrême, y a-t-il eu une préparation différente pour ce rôle que pour vos prises de rôles précédentes ?
Oui, sans aucun doute ! Préparation plus longue d’abord, plus étalée dans le temps, avec des périodes de travail plus ou moins intenses et échelonnées. La dernière ligne droite, travail de mémoire, travail technique, s’est faite pendant le mois qui précédait les répétitions à Bruxelles. Mais avant cela, j’ai adapté le répertoire de mélodie que je chante habituellement. On a travaillé des Poulenc qui me menaient vers cette tessiture, les Banalités, Les Calligrammes. J’ai aussi annulé des projets comme Cosi, qui, juste avant Pelléas, risquaient de me mettre la voix dans les talons. Ce fut très progressif.
Vous avez étudié à Lyon et votre carrière a pris vie à l'Opéra de Lyon. A l'heure où on accuse les localités de ne pas promouvoir leurs chanteurs, votre parcours semble un peu atypique.
Il ne l’est pas ! J’ai pris le chemin que beaucoup on pris avant moi et que peu prendront après parce que c’est en ce moment que les théâtres se métamorphosent et sont rebutés à l’idée d’un studio dans leurs murs. Prendre en charge un artiste à sa sortie d’école est une responsabilité, demande du temps et de l’argent. On oublie vite la notion de progrès, on veut un artiste immédiatement vendable, un produit fini. Alors que la voix se développera tout au long de la vie du chanteur et que c’est dans les 10 premières années qu’il faut l’aider et la protéger. Mais la faute n’est pas à jeter sur les seuls théâtres ! Combien de jeunes chanteurs n’ont pas de patience et se brûlent les ailes ? Beaucoup…
Dans Iphigenie en Tauride à Paris vous avez démontré que vous étiez une bête de scène et un chanteur capable de porter sur ses épaules un rôle extrêmement dramatique. Vous revenez à Paris en Dandini, un rôle léger, virtuose et comique. Les théâtres auraient-ils une vision différente de votre voix ?
Pas forcément ! J’ai aussi beaucoup chanté Papageno et d’autres rôles loin d’être dramatiques avant ! (« dramatique » au sens théâtral, pas vocal !) J’ai encore cette casquette et ce sont des rôles que j’aime beaucoup et qui demandent parfois plus qu’Oreste ou Pelléas. C’est une énergie totalement différente.
Vous refusez de donner des masterclass parce que vous vous jugez trop jeune ; n'y a-t-il pas là comme un excès de modestie ?
On ne me demande pas de donner des masterclass, d’une part et puis je réfléchirai à la question après avoir passé 40 ans.
Vous chantez au Met, à Covent Garden, à l'Opéra de Paris, à La Scala et vous n'avez pas encore enregistré de disque solo. Des projets ?
Oui !

Réactions des lecteurs
J'espere que nous aurons bientot le plaisir d'avoir un CD solo de ce chanteur extraordinaire, Je ne comprendrai jamais les maisons de disques, Malgré tout, jéspère car une telle voix est exceptionnelle. Il faudra la garder sur disque.
Henning


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